lundi 27 février 2012

Un attentat déjoué contre Vladimir Poutine ?

Les services spéciaux ukrainiens et russes ont déjoué un complot fomenté par des islamistes commandités par Dokou Oumarov pour assassiner Vladimir Poutine après le scrutin présidentiel. la nouvelle annoncée par la première chaîne de télévision a été reprise en boucle par l'ensemble des médias russes et confirmée par les services ukrainiens et Dimitri Peskov , chargé de la presse auprès du premier ministre
Certes ,Vladimir Poutine comme les autres chefs d'état n'est pas à l'abri d'une tentative d'assassinat.Reste,que cette révélation me rend perplexe pour plusieurs raisons.
1)les faits remontent à la mi-janvier .Pourquoi dans ce cas avoir attendu le 27 février , moins d'une semaine avant l'échéance électorale pour les révéler au public?
2)L'assassinat d'un chef d'état nécessite de l'argent une longue préparation,une logistique à toute épreuve et des complicités dans les forces de sécurité voire dans l'appareil d'état ( Indira Gandhi , Sadate, Benazir Bhutto,son père ect)Ce n'est pas trois ou quatre terroristes mêmes bien entraînés qui peuvent seuls accomplir un tel acte...
3)Les "bandits"venaient d'Arabie saoudite et étaient passé par la Turquie avant de se rendre en Ukraine ( un pays ami de la Russie)ou ils attendaient les instructions de Dokou Oumarov qui entre parenthèses ne fait plus beaucoup parler de lui en ce moment.
4)Dans son article sur la politique étrangère publié aujourd'hui le premier ministre accuse de façon à peine voilée les américains de faire le lit des terroristes en soutenant aveuglément les opposants aux régimes en place (Syrie)...
Dans ce contexte deux hypothèses se présentent à l'esprit
Soit les fans du leaders national ont trouvé ce moyen pour renforcer l'amour de la population pour leur "héros"
Soit il y a vraiment eu un complot et alors on ne nous dit pas toute la vérité
Dans le doute j' m'abstiens de choisir l'une ou l'autre.?

mercredi 22 février 2012

Menaces sur le consensus social

Il ne faut pas se voiler la face.Il n'y a pas de campagne électorale "propre" , ni en Russie , ni en France, ni ailleurs .Dans tous les pays du monde les batailles électorales sont l'occasion de règlements de comptes .Les candidats utilisent tous les moyens, Y compris les plus discutables ,pour casser leurs adversaires et s'assurer le suffrage des électeurs. C'est la loi du genre, personne n'y peut rien .Reste, qu'une fois la victoire acquise par l'un ou l'autre camps il faut recréer un consensus social minimum sans lequel aucun pays ne peut fonctionner.
Toutefois cette fois-ci , les partisans de Vladimir Poutine ont oublié cette règle dépassant toutes les bornes dans leurs diatribes contre les adversaires du" leader national" au risque de mettre en péril le consensus social, garant de la paix civile . Jugez par vous-mêmes : spectre d'une révolution orange fomentée par l'occident dans le but de détruire la Russie, allusions perfides à des liens supposés entre les responsables de l'opposition et les ambassades étrangères (l'ambassade des États unis) colportés par des politologues proches de l'establishment, appel à la croisade contre les "libéraux" considérés comme les ennemis de la foi orthodoxe ,"ciment de l'unité du pays"...j'en passe et la campagne n'est pas encore finie...
Certes , Vladimir Poutine va gagner et très probablement , si l'on n'en croit les instituts de sondage , dès le premier tour . Président "par défaut"et non plus "tsar" tout puissant il va devoir gouverner un pays meurtri, divisé entre les "nôtres" et les" autres ", situation qui prévalait ,'comme le rappelle très justement le journaliste de la radio Echo de Moscou, Matveï Ganoplski , en 1917, à la veille de la guerre civile qui a causé une hécatombe dans le pays.

dimanche 5 février 2012

Le dilemme de Vladimir Poutine

Si l'opposition, à juste titre, exige un scrutin ,"honnête" le premier ministre et candidat à la magistrature suprême y a également fort intérêt pour asseoir sa légitimité mais d'un autre côté il doit tenir compte de l'establishmentet des structures de forces qui le soutiennent.
Au vu des sondages entre 48%_ et 52% des russes s'apprêtent à lui donner leur suffrages.Dans ce contexte, si Vladimir Poutine est élu au premier tour ,même sans fraudes criantes ,il ne pourra pas empêcher l'opposition d'évoquer une manipulation du président de la commission électorale nationale "le magicien Tchourov" et d'appeler la population à descendre dans la rue .Par contre, si il est élu au second tour, la rue ne bronchera pas mais les élites commenceront à douter de ses capacités à protéger leurs intérêts et entre méfiance et trahison -rien qu'un petit pas qu'on peut franchir aisément.

le spectre de la "révolution orange"

Les partisans de Vladimir Poutine agitent le spectre d'une "révolution orange" fomentée par l'opposition avec le soutien actif des Etats unis dans le but de déstabiliser la Russie.Certes, d'un point de vue électoral cette tactique peut payer.Une partie de la population russe nourrit une méfiance irraisonnée contre les américains.
Reste le problème de fonds .Un scénario comme celui de Tbilissi ou de Kiev est-il possible à Moscou?Personnellement je réponds par la négative; pour plusieurs raisons.
1)En Géorgie et en Ukraine,il s'agissait d'une lutte entre deux groupes homogènes l'un favorable au maintien du statut quo ,l'autre à l'instauration d'un régime démocratique.Rien de Pareil en Russie ou l'opposition est absolument hétéroclite, constituée de démocrates,nationalistes et communistes qui n'ont pas de programme commun si ce n'est "des élections transparentes" et le départ de Vladimir Poutine.Pour preuve, ils n'ont pas de programme commun et n'ont même pas pu, jusqu'alors, se mettre d'accord sur un candidat à opposer au premier ministre le 4 mars.
2)L'administration américaine n'a aucun intérêt à déstabiliser le Russie et il suffit de jeter un oeil sur la situation intérieure des Etats-unis et sur la conjoncture internationale pour s'en convaincre.Jugez par vous même
a)Barak Obama est dans une année électorale
b)La situatin au Proche_Orient(Syrie,Iran) et en Asie du sud(Afganistan,Pakistan)est particulièrement préocuppante.
c)Le cahos en Russie rendrait plus difficile voire impossible l'acheminement de matériel aux troupes américaines qui se battent en Afganistan...
Pour finir, voici la réflexion d'un de mes amis ,Anatoli Baranov , rédacteur en chef du site Forum.msk.ru" les révolutions de couleurs n'ont pas provoqué de catastrophes .Au contraire. En géorgie,le président Saakachvili est parvenu à réduire considérablement la corruption . En Ukraine les leaders de la révolution orange ont accepté le verdict des urnes ils ont quitté le pouvoir et l'ancien premier ministre Ioulia Timochenko est en prisonpour un contrat gazier défarobla à son pays qu'elle a signée avec Vladimir Poutine...